Géographie
Amboise s'étend, pour l'essentiel, sur la rive sud de la Loire, à un endroit où le fleuve se sépare en deux bras.
Il enserre une île (dénommée île Saint-Jean, en souvenir d'un prieuré malmené par les crues, Grande-Île ou Île-d'Or), qui fait
partie du territoire communal.
La ville est protégée des crues de la Loire, au sud, par de très puissantes digues (promenade du Mail, en forte surélévation par rapport aux premières maisons). Le faubourg établi sur la vaste
île fut cantonné dans sa partie la plus élevée et défendu des hautes eaux par une digue (1780).
La cité ancienne est surplombée par le plateau sur lequel est établi son château.
Amboise s'est également développée au nord de la Loire, avec le quartier de la gare.
Préhistoire et antiquité
Le plateau des Châtelliers, sur le bord duquel est bâti le château d'Amboise, recèle un des plus importants site néolithique chasséen des Pays de Loire, découvert lors de fouilles effectuées par A et S Högström entre 1954 et 1957. On y découvrit en particulier une idole
féminine remarquable[1].
Les fouilles mirent également à jour un dépôt de l'âge du bronze final et un atelier de fondeur. Selon la tradition, vers -300 les druides du pays chartrain auraient formé un établissement,
administré par un vergobret, sur le rocher qui domine la zone marécageuse où la petite rivière l'Amasse se jette dans la
Loire[2]. Pour certains, Amboise pourrait avoir été le centre religieux
et commercial initial de la tribu des Turones[3].
D'après une chronique de la fin du XIIe siècle[4], Jules César y installa un camp, après le siège de Bourges en -51. Il y
aurait construit un palais foteresse et une colossale statue du dieu Mars[5]. Près du château il existe en effet, sur
le plateau des Châtelliers, un lieu-dit "le camp de César" qui est bordé par un fossé considérable et garni en son centre d'un tumulus important. On n'y a pas trouvé de vestiges romains, mais de nombreuses monnaies celtiques. On pourrait en déduire qu'il s'agirait effectivement d'un campement romain provisoire contenant des restes de pillages, mais il semble plus
probable que se soit les restes d'un oppidum, ultime retranchement Turones durant la révolte de Sacrovir, à
l'époque de Tibère, en l'an 21[6].
Vers 285, la région fut envahie par les Bagaudes, troupe hétéroclite révoltée contre l'occupation romaine. Entre autres
ravages, ils démolirent la construction romaine mais laissèrent en place la statue de Mars. Vers 376, Anicien, envoyé par l'empereur Gratien en qualité de comte de Tours prit possession des lieux et y fit reconstruire la forteresse. Il contruisit également les ponts de bois qui
traversaient la Loire de part et d'autre de l'Ile d'or.
Le lieu prit alors le nom latin d'«Ambacia», «Ambatia» ou « Ambasi»[7], appellation qui apparaît pour la première fois dans les
textes qu'au IVe siècle[8]. Une ville se développa sur le coteau opposé au promontoire,
par delà le marais de l'Amasse progressivement assèché, aux alentours de l'actuelle église Saint Denis, quartier qui fut longtemps surnommé « la vieille Rome ». C'était une
étape sur la voie suivant la Loire entre Orléans (Genabum) et Angers (Juliomagus) en passant par Tours (Turonorum). C'est sur ce site que fut construite
la première chapelle chrétienne qui devint une église dès 475. Saint Perpet, évêque de Tours y
légua une croix et des reliques qui furent conservées en l'église Saint Denis jusqu'à la révolution.
Sulpice-Sévère relate que c'est Saint Martin qui, vers 374, dans sa campagne d'évangélisation de la Touraine, renversa miraculeusement l'idole qui subsistait sur le
promontoire :
-
« Dans le bourg d'Amboise (c'est-à-dire dans le vieux château, maintenant habité par un grand nombre de moines) on voyait un temple d'idoles élevé à grands frais. C'était une tour
bâtie en pierres de taille, qui s'élevait en forme de cône, et dont la beauté entretenait l'idolâtrie dans le pays. Le saint homme avait souvent recommandé à Marcel, prêtre de cet endroit, de
la détruire. »
-
«
Étant revenu quelque temps après, il le réprimanda de ce que le temple subsistait encore. Celui-ci prétexta qu'une troupe de soldats et une grande foule de peuple viendraient
difficilement à bout de renverser une pareille masse de pierres, et que c'était une chose impossible pour de faibles clercs et des moines exténués. Alors Martin, recourant à ses armes
ordinaires, passa toute la nuit à prier. Dès le matin s'éleva une tempête qui renversa le temple de l'idole jusque dans ses fondements. Je tiens ce fait de Marcel, qui en fut
témoin. »
[9]
Durant la période gallo-romaine, Anicien avait été nommé comte de Tours par l'empereur Gratien. A sa mort, Amboise devint la propriété de sa fille Placide, qui légua la ville à sa fille Fauste, épouse d’un certain Billejus
avec lequel elle eut une fille nommée Lupa (Louve)[10]. Ses enfants étant morts prématurément, elle légua tous ses biens à Clovis 1er qui devint ainsi propriétaire d'Amboise.[4]
Moyen-Âge
Au début du VIe siècle des rivalités permanentes, à la fois territoriales et
religieuses, opposaient les Francs saliens, chrétiens, dirigés par Clovis, qui occupaient le nord de la Gaule, et les
Wisigoths, ariens, dirigés par Alaric II, qui en occupaient le sud-ouest. Pour tenter d’y mettre fin, le roi des Ostrogoths, Théodoric le Grand, écrivit des lettres aux
deux protagonistes pour les convaincre de trouver un accord. Cette démarche aboutit en 504 à une rencontre entre les deux rois qui se déroula sur l’île d’Or d'Amboise (actuellement Ile saint
Jean). Les deux rivaux se promirent une alliance éternelle qui demeura lettre morte, puisque le différent ne fut réglé que par la mort d’Alaric II à la bataille de Vouillé en 507. En 546 le seigneur d’Amboise était Saint Baud évêque de Tours, sans que l’on sache au juste la nature de son lien de dépendance au roi Clotaire Ier. Ensuite on ne dispose plus d'informations historiques jusqu'au milieu du IXe siècle.
En 840, au cours des invasions normandes, les ponts de bois qui traversaient la
Loire furent détruits. Le château fut à nouveau ravagé par les normands en 853, puis en 878. Dans le dernier quart
du IXe siècle, une certaine Aelindis reçut en dot de ses oncles Adalard (Adalardus)
archevêque de Tours de 875 à 890 et Rainon ou Renaud (Regino) évêque d’Angers, le fief d’Amboise, lors de son mariage avec Ingelger, vicomte d'Angers. Vers
878, à la demande des deux prélats, Louis II de France dit le Bègue fit relever et fortifier le
château et reconstruire les ponts. A cette époque le territoire d'Amboise était divisé en trois seigneuries dont la plus
importante (La Maison consulaire) était celle attribuée à Ingelger. La seconde seigneurie (dite de la Tour) appartenait à Sulpice Ier de Buzançais, père d’Hervé, futur trésorier de l'abbaye Saint-Martin de Tours. La troisième était celle dite de la Motte.
Ces trois seigneurs s'opposaient fréquemment, ce qui n'était guère favorable au développement de la ville d'Amboise. Très occupé à rétablir la paix dans la région, Ingelber confia Amboise à
Robert, fils de Haimo, un homme puissant qui lui était fidèle et qui possédait une partie de la forteresse par droit héréditaire.
Durant la période allant de 878 à 1107, les deux principales seigneuries d'Amboise cohabitèrent:
Au retour de croisade, Foulques Nerra confia la garde du château à Lisois dont il avait apprécié
l'intelligence et le courage à ses côtés. Lisois épousa Hersende de Buzançais, fille d'Archambaut et nièce de Sulpice, réunissant ainsi château et bourg et créant la Maison d'Amboise.
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Renaissance
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Le château d'Amboise au bord de la Loire
L'histoire de la ville se confond pour l'essentiel avec celle de son château. Très attaché à la
vieille forteresse où il avait passé sa jeunesse, Charles VIII avait décidé sa métamorphose au
lendemain de son mariage avec Anne de Bretagne. Louis XII et, surtout, François
Ier, qui donna ici fête sur fête, poursuivirent les
aménagements.
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De
1516 à
1519 : le peintre, ingénieur et architecte italien
Léonard de Vinci y passe les dernières années de sa vie, il résida au manoir du Clos-Lucé.
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En
1540,
Charles Quint qui traversa la France du
sud au nord , était hébergé au château, quand un incendie se déclara dans la tour Heurtault, où il logeait. Celle-ci fut détruite, mais l'empereur était sauf.
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Période moderne
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à
1795.
Période contemporaine
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Seconde Guerre mondiale
Pendant la bataille de France, à partir de fin mai 1940, Amboise devient le point de passage d’un flot
continu de réfugiés fuyant l’avancée ennemie, bientôt suivis par les soldats en déroute. La solidarité des habitants
s’organise autour de la Croix-Rouge, permettant d’offrir de l’assistance aux plus fragiles et de servir jusqu’à 50 000
repas par jour.
Après la chute de Paris le 10 juin, le haut commandement militaire tente d’établir une ligne de résistance sur la Loire. Les 16 et 17 juin, des avions ennemis[12] bombardent la cité et détruisent
notamment la gendarmerie. Le 17 juin à 16h30 les soldats du génie font sauter la partie du pont séparant l’île d’Or du pied du château. La défense de la ville est assurée par une unité de
chasseurs, renforcée par le 21e bataillon d’infanterie coloniale du Maroc et quelques autres éléments.
Les premiers dommages importants sont causés le 18 juin par une erreur de tir de la batterie française de 155 installée à Chanteloup : un obus destiné aux assaillants incendie le pavillon de
Penthièvre du château qui est totalement détruit. En empruntant la partie nord du pont restée
intacte, les allemands s’installent sur l’île d’Or et dirigent un feu intense sur les défenseurs réfugiés dans le château. Des salves de l’artillerie française infligent des pertes considérables aux convois allemands, mais ne peuvent empêcher le franchissement par bateaux de la Loire en
amont, à hauteur de Chargé. Malgré la
résistance acharnée de ses défenseurs, la ville tombe le 19 juin en fin d’après-midi.
Les dégâts infligés par les combats touchent essentiellement le château et les bâtiments alentours
dans la ville et sur l’île d’or : chapelle Saint-Hubert gravement atteinte, toitures éventrées, tours et terrasses criblées d’impacts, plusieurs habitations très endommagées. Dès le 20 juin,
les allemands installent un pont de bateaux, remplacé en juillet par une passerelle en bois et un bac. Pendant l'occupation, un camp de 600 soldats prisonniers est installé au lieu-dit « la Patte
d’Oie »[13],[14].
source wikipedia